Vous l’avez peut-être remarqué, je n’ai jamais parlé du cancer, et du fait que le régime cétogène est de plus en plus utilisé par les personnes qui ont choisi cette solution pour lutter contre. Je n’en ai jamais parlé, et pourtant, ça me tient terriblement à cœur.
Je n’en ai jamais parlé parce que je n’ose pas. C’est forcément épineux comme sujet, parce que dès qu’on touche à la santé dans ses extrêmes, lorsque les gens sont dans des situations où clairement c’est leur vie qui est en jeu, on réveille des peurs, des croyances, des réactions instinctives, et de la violence un peu aussi. D’ailleurs, même les articles qu’on peut lire sur internet ou dans les magazines sont giga frileux, bien protégés par le conditionnel: « le régime cétogène pourrait avoir des effets limitants sur… », « le régime cétogène aurait des vertus » etc. Et puis je n’ai pas osé aussi parce que dans mon entourage familial, se trouve des cancérologues qui prennent bien soin de me rabâcher à longueur de temps que « il n’y a pas d’étude qui prouve que« … et blablabla.
okay: FUCK this. Parlons-en.
En fait l’autre jour, j’étais en conversation (brag discret) avec Johan Lambon (l’auteur de l’article sur la diète cétogène pour les chiens que vous pouvez lire ici si vous l’avez loupé) et finalement j’ai été frappée par la simplicité de la formule.
« Moi, si j’avais un cancer, je sais ce que je ferais.
– ah bon, quoi?
– Ben jeûne et régime cétogène ! »
Alors aujourd’hui on ne parlera pas du jeune, ce n’est pas mon sujet, mais on parlera du régime cétogène (c’est un peu plus mon sujet). Alors pourquoi il a dit ça, et pourquoi il a raison de le penser?
L’EFFET WARBURG
Vous avez certainement déjà entendu parler de l’effet Warburg (découvert par Otto Heinrich Warburg, un prix nobel allemand, pendant la première guerre mondiale (si je me souviens bien): enfin une chose est sûre, ce n’est pas une découverte RÉCENTE ou obscure, et méconnue par le monde médical): c’est le fait que les cellules cancéreuses prolifèrent à gogo en consommant du SUCRE (elles ont une capacité à en consommer bien supérieure à toutes les autres cellules).
Du coup, si on en croit Otto Heinrich, ce serait plutôt une bonne idée, quand on a un cancer et qu’on veut stopper sa progression, d’arrêter le sucre toutes affaires cessantes. Et en effet c’est l’urgence numéro 1.
Sauf que la plupart des personnes qui veulent arrêter de se bourrer de glucides ne savent pas quoi manger! Elles ont peur des matières grasses (parce que leur mongolo de médecin leur a dit de les arrêter), et du coup, il ne leur reste que les protéines, qu’elles se mettent à surconsommer.
SAUF QUE si vous mangez TROP de protéines par rapport à ce que votre corps est capable de métaboliser, le surplus va se transformer en glucose, c’est ce qu’on appelle la neoglucogénèse. Et malheureusement, les cellules cancéreuses se nourrissent AUSSI du glucose résultant de la néoglucogénèse. Donc si on se bourre de protéines, par néoglucogénèse, elles auront quand même un carburant pour vivre.
Certes, elles en auront MOINS que dans un régime lambda riche en glucides, mais elles en auront quand même. Or, l’idée est de leur couper les vivres totalement, et c’est là que le régime cétogène fait feu.
Et ouais, car en cétose, deux choses intéressantes se produisent:
- de part la faible quantité de protéines, on évite la plupart du temps la néoglucogénèse (si le régime est bien formulé évidemment)
- MAIS EN PLUS, comme les cellules cancéreuses ne peuvent pas se nourrir de cétones, elles sont affamées et arrêtent de se développer. Notre cerveau utilise des cétones, notre cœur utilise des cétones, nos muscles en utilisent, mais la plupart des cellules cancéreuses, elles, sont incapables d’en utiliser comme carburant.
POURQUOI : parce que pour brûler des cétones, il faut des mitochondries. Sauf que la plupart des cellules cancéreuses ont justement un dysfonctionnement au niveau des mitochondries. AH !
Et c’est pour ça qu’on voit de plus en plus de personnes utiliser le régime cétogène en complément des chimios et des radiation pour lutter contre le cancer.
Mais on peut même aller plus loin.
SENSIBILITÉ A L’INSULINE
Un des bénéfices majeurs aussi du régime cétogène et de la cétose, c’est qu’ils limitent et réduisent énormément la production d’insuline.
Or, produire plein d’insuline pose d’innombrables problèmes dans le corps. Le fait de stimuler sans cesse la production d’insuline va générer de l‘inflammation chronique, de la glycation, l’oxydation accélérée des cellules (et donc leur vieillissement), et évidemment – mais ça vous le savez déjà – de la résistance à l’insuline, qui va assurer la pérennité de ce cycle infernal.
Vous ne voulez surtout pas ça, et vous le voulez ENCORE MOINS quand vous avez un cancer. Et à l’inverse, limiter la production d’insuline, améliorer sa sensibilité à l’insuline (grâce au régime cétogène) a des bénéfices infinis. Non seulement avec le temps, une toute petite goutte d’insuline va faire un énorme job, mais en plus, comme vous n’aurez plus besoin d’en produire sans cesse, vous allez faire disparaître l’inflammation chronique et tous les phénomènes de dégénérescence décrits plus haut.
CETONES & EPIGENETIQUE
Vous vous souvenez le BHB (Beta HydroxyButyrate, je vous en ai déjà parlé, la principale des trois cétones). Et bien le BHB a une action épigénétique. C’est à dire que, il a un impact sur la façon dont certains gènes sont exprimés ou non dans le corps. Et par exemple, il peut influer, et inhiber l’expressions des gènes qui favorisent le développement du cancer.
En outre, les cétones ont d’autres effets qui vont lutter efficacement contre le cancer.
- les cétones participent à diminuer la production des radicaux libres dans le corps alors que les cellules cancéreuses, elles, adorent les ROS (Reactive Oxygen Species – ou dérivé réactif de l’oxygène: en gros, ce sont des radicaux libres. Ils endommagent nos cellules et génèrent ce qu’on appelle le stress oxydatif).
- les cétones accélèrent l’activité anti-oxydante des cellules autour de la tumeur (ce qui du coup, permet de limiter fortement sa croissance)
- et dernière chose, il est assez connu que les chimios et radiations posent problèmes car elles endommagent aussi les cellules en santé autour de la tumeur visée. Et c’est là qu’on est content d’être en cétose: car le fait d’être en cétose va protéger les tissus des radiations (sans empêcher leur effet sur la tumeur).
Vous remarquerez qu’à aucun moment dans cet article je n’ai employé le conditionnel.
En un mot comme en cent: je ne me suis pas protégée.
Je dis ce que je pense être vrai, avec mes connaissances et mes convictions, les unes soutenues par les autres (et inversement). Vous noterez néanmoins que je ne suis pas médecin (déso) ni cancérologue (re), ni même nutritionniste (dieu m’en garde), et que cet article n’est pas un contrat de garantie.
Mais je crois au plus profond de moi même en ce que je dis, je crois en l’impact de l’alimentation, et surtout, je crois qu’il faut se battre contre l’immense retard qu’a notre système de santé sur la recherche.
Certaines personnes que je vois en coaching ont mon admiration la plus entière, parce qu’elles ont décidé de se lancer dans le régime cétogène, en dépit des conseils de leur médecin ou cancérologue, et parfois même, face à un corps médical qui s’y opposait fermement. Et pourtant, les résultats sont indéniables.
Bref, c’est facile d’avoir des certitudes quand on est en bonne santé. Mais face à un cancer, on se retrouve seul avec soi-même, et il faut prendre des décisions pour soi. Je pense que cela demande beaucoup de courage et beaucoup de force de caractère de se dire NON, je ne placerai pas mon destin dans les mains de mon cancérologue (et pourtant, c’est lui qui a l’air le plus qualifié des deux). Et OUI je vais mettre en place ce que je sais être le mieux pour moi. And I trust my gut.
Et donc à tous ceux qui entreprennent ça, vraiment bravo, bravo pour l’intelligence, le courage et l’indépendance d’esprit que cela requiert.
Mais à tous les autres, s’il est vrai que se retrouver face au cancer oblige à se poser radicalement la question, soyez quand même conscient que la plupart de nos actions à la con nous tuent lentement et font dégénérer nos organes et nos cellules insidieusement. Nous ne sommes pas face à une menace directe comme devant un diagnostic de cancer, mais en vérité, la menace est là quand même, car clairement de l’inflammation chronique, c’est de la dégénérescence, mais juste, on la voit moins, elle va moins vite, elle fait moins de bruit. Et je pense que pour tous ceux qui ont la chance de ne pas être au pied du mur, on devrait tous prendre les mesures qu’il faut pour protéger nos organes, nos cellules, notre organisme, sans attendre que les problèmes soient vraiment devenus urgents.
