Ne lisez pas cet article si vous êtes pressés les enfants, car honnêtement il n’est à pas à proprement parler informatif… Mais si ça vous tente quand même, faites-vous donc une petite infusion à l’huile de coco ou un emergency latte, et allons-y.
MY BRAIN IS HANGING UPSIDE DOWN
Il n’y a pas si longtemps, je dirais, il y a 2-3 ans, sur le plan émotionnel, I was a complete mess. (Je ne saurais pas trouver l’équivalent français pour le dire)
Et ça faisait des années que ça durait. J’ai toujours considéré que ça faisait partie de mon caractère, de mon identité, d’être complètement en dents de scie: super high ou complètement down. Extactique ou déprimée.
Autre chose que j’ai toujours considéré comme faisant partie de moi: l’anxiété. Pareil, je pensais que c’était dans mon caractère. Sauf que chez moi, c’était particulièrement lié à la nourriture. Et plus le temps a passé, plus l’obsession c’est cristallisée. Je ne pouvais plus rien manger qui ne génère une tornade d’émotions négatives: contrariété, anxiété, culpabilité. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais clairement, ça a empiré avec le temps. De manière cyclique tout au long de la journée, toutes mes pensées tournaient autour de la nourriture (est-ce que c’était bien, est-ce que c’était trop, est-ce que c’était paleo, est-ce que c’était calorique, est-ce que c’était laxiste?). J’étais inquiète, anxieuse, préoccupée par mes problèmes, triste souvent. (Et mon entourage en a chié, croyez-moi).
En tout cas, une chose étonnante, c’est que je n’ai juste jamais soupçonné que mon humeur, et mon état émotionnel, pouvaient avoir un quelconque lien avec l’alimentation. (Et pourtant je l’avais lu plusieurs fois: l’alimentation impacte les hormones, et les hormones impactent directement l’humeur.) Mais comment vous dire: au fond de moi ça ne faisait pas sens. Inconsciemment je me disais: BS.
C’est juste que je trouvais ça bizarre: rien n’allait MAL dans ma vie. Du coup je ne comprenais pas pourquoi dans le fond, je n’arrivais pas tellement à me sentir bien…
ET SI LES MATIÈRES GRASSES INFLUAIENT DIRECTEMENT SUR L’HUMEUR ?
Ce que je ne comprenais pas, c’est que cet état-là n’était pas identitaire, mais bien lié à l’alimentation. Pour vous faire un petit topo sur mon état alimentaire avant le régime cétogène (pendant 8-10 ans je me suis sous-alimentée, surtout en prenant bien soin de supprimer TOUTES les matières grasses. Ensuite, ça s’est amélioré quand j’ai découvert le régime paléo, mais très clairement je le pratiquais en restreignant fortement les matières grasses, parce que j’en avais PEUR).
Soyons clair: les cellules du cerveau sont faites de GRAS à plus de 60% ! Notre corps et notre cerveau ont BESOIN d’acides gras et de cholestérol, ce sont des nutriments complètement indispensables.
Si on rentre dans le détail, un tout petit peu, de ce qui s’est passé pour moi, et qui se passe aussi pour des tas de gens qui s’amusent à faire des régimes à la con et se priver de matières grasses:
1) La privation de matières grasses joue sur les neuro-transmetteurs
Le fait de manquer de matières grasses induit rapidement (au bout de trois semaines ça fait effet!) un problème au niveau des neuro-transmetteurs. Principalement, cela réduit drastiquement notre capacité à produire la fameuse sérotonine, qui, en cascade, entraîne aussi de l’instabilité d’humeur, un manque de motivation et d’énergie, et des envies de sucre (vous faites coup double!).
D’ailleurs 90% de la production de sérotonine se fait dans les intestins: c’est donc logique qu’il y ait un rapport entre alimentation/digestion et HUMEUR.
2) La privation de matières grasses joue sur le système hormonal
A priori, on ne voit pas trop le lien (enfin, moi je ne le voyais pas à l’époque) entre système hormonal et humeur. Mais en fait, l’équilibre hormonal a aussi un impact sur la production des neuro-transmetteurs.
système hormonal chaotique = humeur chaotique
Les graisses saturées (les fameuses diaboliques) sont essentielles pour assurer l’équilibre des hormones. A plus forte raison chez les femmes, une alimentation pauvre en matières grasses et en cholestérol est catastrophique : nos principales hormones sont faites de cholestérol: œstrogène, progestérone, cortisol, DHEA, testostérone!
Et si on ne mange pas assez de cholestérol, ce qui va rapidement se passer, c’est que notre corps va aller dérober le cholestérol de notre système endocrinien pour le donner au cerveau (qui est prioritaire). Sauf que ce faisant, les hormones se dérèglent: à tous les coups on gagne!
3) l’enjeu des intestins
Ici, il n’en va pas uniquement de la privation des matières grasses.
Mais disons que, à force de manger des aliments qui génèrent de l’inflammation dans les intestins (gluten, caséine, alcool, sucre, glucides, acide phytique) et de manquer d’aliments qui calment l’inflammation (omega 3 par exemple), on finit par avoir de gros problèmes intestinaux.
Par exemple moi, je me suis offert le petit combo: intestins poreux + candidose (et croyez-moi: je ne suis pas la seule)(c’est même la meilleure vente au rayon des problèmes).
Et l’inflammation ne s’arrête pas aux intestins, elle touche aussi le cerveau et le système nerveux, avec des symptômes variés, mais dans les plus courants, comme par hasard: anxiété, dépression.
Et ce n’est plus un secret pour personne, l’intestin est comme un cerveau émotionnel. L’équilibre des bactéries de l’intestin joue énormément sur l’humeur. Et la candidose génère, non seulement de l’anxiété, mais aussi des pensées cycliques et obsessives liées à l’alimentation (et au sucre). Une forte candidose touche le cerveau car, une fois que l’intestin est bien déglingué, le candida s’attaque même à la membrane des cellules nerveuse, provoquant de l’anxiété chronique.
Bref, quand l’intestin va mal, c’est difficile d’aller bien.
SOMEWHERE OVER THE RAINBOW
Le petit miracle avec le régime cétogène, c’est que très vite, tout a changé, et j’ai fait l’expérience d’un réel totalement différent.
Après la phase d’adaptation, quand ma glycémie a bien voulu se stabiliser: ça a été la fin des montagnes russes de la glycémie. Et quand ça s’arrête, c’est juste incroyable. Certes, c’est la fin du gros rush d’énergie post-sucre, mais surtout, la fin des gros coups de déprime quand on est en hypoglycémie!
Mais surtout je pense, ce qui a fait la différence pour moi, c’est que l’abondance des matières grasses a changé quelque chose dans la chimie de mon cerveau: réellement, ça a été très rapidement la FIN de l’anxiété.
Mon caractère n’a pas changé, j’ai toujours une petite tendance à l’orthorexie, que certains d’entre vous aiment bien parfois pointer du doigt (I dont care that much). Mais j’ai arrêté d’être anxieuse tout le temps. Arrêté de penser à la nourriture sans cesse. Arrêté de m’inquiéter de savoir si c’était trop, si c’était mal, et arrêté d’y penser tout court. Certains diront qu’au contraire, j’en parle sans cesse, sur ce blog et sur ma chaîne et en coaching et que même, je travaille dans un magasin qui vend de la nourriture. Soit.
Mais croyez-moi les amis, ce n’est RIEN, ce n’est juste RIEN par rapport à ce qui se passait dans ma tête tout le temps, en flux continu, avant.
Le truc incroyable, c’est que quand ça s’est arrêté, j’ai eu immédiatement énormément d’énergie disponible pour faire des tas de choses. De l’énergie disponible pour PENSER à autre chose. de l’énergie disponible pour être contente de ma vie et m’intéresser aux autres aussi. Mon humeur, mon état, et mon niveau d’énergie, ne sont plus directement dépendant de mes prises alimentaires.
Je ne dis pas que tout est lié à la nourriture, car clairement la méditation a fait son petit miracle sur moi. Mais je pense que justement je ne pourrais pas faire mon heure de méditation tous les jours si j’étais comme avant, sujette à de l’anxiété permanente, avec cette sorte d’incapacité à focus, incapacité à me calmer, incapacité à relativiser.
EPILOGUE
Petit épisode amusant à la salle l’autre jour, un jeune et insouciant étudiant en nutrition est venu s’immiscer dans une conversation que j’avais avec une fille (qui me posait des questions sur mon alimentation), alors qu’à aucun moment on n’avait sollicité son intervention.
Bref, notre ami se sent pousser des ailes, me coupe la parole et me dit: « Moi, je fais de la nutrition, et je suis CONTRE ce genre de régime restrictif.«
Le brave homme ne se rendait pas compte que si je n’avais pas immensément gagné en sérénité, en contrôle des émotions, de ma langue et de mes coups de sang – GRACE justement, à toutes ces matières grasses – , son petit soubresaut d’outrecuidance aurait vraiment pu lui coûter cher. (Franchement j’avais envie de le rouer de coups)(mais j’ai senti monter ma glycémie et j’ai décidé de me calmer).
Mais en fait, cet épisode m’a amusé car je me suis rendu compte à ce moment précis que, rien que pour cet aspect-là, c’est à dire, le fait que je me sente infiniment mieux dans la vie, infiniment plus joyeuse, plus libre et plus sereine, JAMAIS je ne ferai machine arrière! (enfin, sauf si un étudiant en nutrition vient me dire qu’il est contre…)
