Les amis, je prends mon courage à deux mains et me lance enfin dans la grande SAGA du MICROBIOTE, son lien avec le métabolisme, la perte de poids, et plus généralement la céto-adaptation!
Le post d’aujourd’hui n’est donc pas un article abouti, mais plutôt le début d’une réflexion sur ce thème vaste et passionnant!
J’ai déjà amorcé le mouvement dans une petite vidéo où j’explique grossièrement le lien entre l’immunité et le métabolisme, c’est-à-dire, entre les l’inflammation et la gestion du poids. Vous pouvez la retrouver ici:
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=aakxVx-TASk&w=560&h=315]
Pour l’article d’aujourd’hui, je tire une bonne partie de mes réflexions de Belly Fat Effect de Mike Mutzel (je crois qu’il n’est pas traduit, mais ça vaut le coup de faire l’effort, il est passionnant): Belly Fat Effect: The Real Secret About How Your Diet, Intestinal Health, and Gut Bacteria Help You Burn Fat
LE MICROBIOTE, C’EST QUOI ?
Le microbiote, c’est en gros les milliards de micro-organismes qui colonisent nos intestins.
Pour tout vous dire, il y a des milliards de bactéries (c’est de l’ordre de 100000 milliards) et environ 40000 espèces différentes! Chacun d’entre nous a donc un microbiote singulier, avec un cheptel de micro-organismes différent et la composition de ce « cheptel » est la résultante de nombreux facteurs!
Par exemple, pendant les premiers mois de vie du nourrisson certains événements vont se révéler déterminants pour la composition du microbiote: le fait d’être né normalement ou par césarienne, le fait d’avoir été ou non nourri au sein, le fait d’avoir ou non pris des antibiotiques…
Plus tard, les choix alimentaires que nous faisons affectent aussi notre microbiote: se bourrer de glucides, de gluten, de caséine, boire de l’alcool régulièrement, prendre des médicaments, prendre des antibiotiques, et MEME manger à toute allure ou en regardant la télévision, va influer lourdement sur l’équilibre du microbiote.
MICROBIOTE & MÉTABOLISME
Tout le monde sait que le microbiote influence notre immunité: c’est-à-dire notre capacité à répondre aux agressions extérieures, virus, etc.
Forcément, avant, les microbes et autres bactéries étaient dangereux pour nous car on pouvait en crever (désolée pou le langage un peu limite, mais c’est vrai: En 1493, Christophe Colomb a fait cadeau de la malaria, la tuberculose, le choléra, diphtérie, la petite vérole (et j’en passe) au Nouveau Monde, ce qui, au passage, a bien réduit la population des tribus indigènes, mais passons).
Aujourd’hui, les micro-organismes affectent aussi l’humanité, mais d’une autre manière: elles affectent l’efficacité de notre métabolisme, affaiblissant notre capacité à produire de l’énergie (augmentant notre propension à en stocker), et fabriquant des diabétiques!
Plus la recherche avance, plus on comprend que la composition de notre microbiote (c’est à dire, quels micro-organismes se développent dans nos intestins, et dans quelles proportions) affecte directement notre capacité à brûler ou stocker des graisses.
En fait, il faut bien imaginer la situation: les aliments que nous absorbons viennent se stocker dans notre cuve personnelle de fermentation (aka nos intestins), avec nos bactéries, notre recette personnelle de fermentation, et c’est cette collision entre les aliments et nos bactéries qui va créer une réponse singulière sur notre métabolisme et son efficacité.
POUR RÉSUMER:
Donc, on a dit que le microbiote contenait une centaine de billions de micro-organismes. Il comprend ses propres gènes (la bagatelle de 3 millions), et ces gènes pilotent plus de 6000 fonctions sur notre métabolisme: assister la production de certaines hormones qui régulent l’appétit, favorisent la digestion, créent l’énergie, synthétisent les vitamines, nous protègent des agents pathogènes… J’abrège:
L’ensemble intestin/microbiote/pancreas/foie forme un espèce de colosse, un système géant régulant à la fois le métabolisme et l’immunité.
Etudes sur études, expérience sur expérience montrent les liens entre certaines bactéries dominantes, et certains dysfonctionnement du métabolisme. Je vous passe les détails de chaque étude, l’ensemble du livre en est truffé, et ça vaut le détour. (sans vous commander).
L’enjeu majeur pour un métabolisme performant est donc l’intégrité de l’intestin et du microbiote. Et quand on regarde de près cette problématique de l’immunité et du métabolisme, on découvre une problématique inquiétante: celle de la porosité intestinale, dont nous souffrons tous plus ou moins, à des degrés différents.
LE PROBLÈME DE L’HYPER-POROSITÉ INTESTINALE
Donc en gros l’hyper-porosité intestinale, c’est quoi?
Il faut imaginer l’intestin comme un tamis, ou un filet aux mailles ultra-serrées. Et quand on a les intestins poreux, et bien les mailles du tamis sont de plus en plus lâches, jusqu’à former des trous, si bien que tout peut passer à travers, aussi bien dans un sens que dans l’autre.
Et le problème de l’hyper-porosité intestinale, c’est, entre autre, que cela augmente l’absorption des endotoxines (= un fragment de membrane cellulaire de bactérie). Aujourd’hui on sait que les endotoxines sont directement liées à l’obésité, la résistance à l’insuline, le diabète, le cholestérol, une trop forte concentration des triglycérides, etc.(cf les études présentées dans le chapitre 9).
Sur la membrane de nos intestins, il y a des petits chiens qui montent la garde, les TLRs Toll-Like Receptors, positionnés à la surface des dendrites de la paroi intestinale (on en a aussi sur d’autres organes, et sur d’autres cellules du système immunitaire, et AUSSI sur les cellules adipeuses (c’est même pour ça que les cellules adipeuses sont ultra sensibles à l’inflammation).
Les TLRs lancent le process d’inflammation en mettant tout le monde en alerte, en recrutant d’autres cellules immunitaires, en tuant les intrus, et en alertant le métabolisme qu’on a besoin de sucre. (je schématise)
L’interaction entre le métabolisme et l’immunité prend naissance à ce moment précis: quand les messages inflammatoires produits par le système immunitaire tuent les envahisseurs ET en même temps court-circuitent l’énergie (glucose) des organes vers le sang pour leur petit usage personnel. (et vu que les 70% de l’énergie utilisée par le système immunitaire vient du glucose, ça fait sens).
Le problème des endotoxines, c’est qu’elles viennent se loger, comme une clé dans la serrure des TLRs, ce qui génère du coup de l’inflammation à gogo, faisant croire à notre organisme qu’il y a une agression extérieure.
Mais il n’y a pas que les endotoxines: l’hyperporosité intestinale active toute une cascade de réactions immunitaires qui vont affecter l’insuline, le contrôle de l’énergie, la glycémie… Et qui débouchent sur de la résistance à l’insuline et du stockage de graisse sur la partie abdominale!
En fait, les recherches pointent toutes vers la même conclusion: l’hyper-porosité intestinale est directement associée à l’accumulation de graisse abdominale.
SI ON RÉSUME:
Quand des bactéries (ou des fragments de bactéries, comme les endotoxines) traversent la paroi intestinale et vont dans le sang (parce que les intestins sont poreux), le système immunitaire réagit, créant de l’inflammation, ce qui prédispose l’organisme à la résistance à l’insuline et au stockage des graisses.
CE QUE J’EN RETIENDRAIS
Finalement, la compréhension de ces mécanismes invite vraiment à une réflexion plus globale sur l’alimentation et le mode de vie. Quand l’on comprend cela, réfléchir seulement en terme de calories ou seulement en terme de glycémie à court terme n’a pas de sens. D’ailleurs, l’auteur de livre insiste sur le fait que chaque action que nous faisons, même unique, altère à chaque fois le microbiote. Partant, UN cheat meal change votre microbiote, UNE cuite change votre microbiote, UNE prise d’antibiotique peut éradiquer tout le microbiote. Pas de manière irréversible, mais quand même.
Cela du coup invite à réfléchir à des stratégies de long terme. Je sais que ça ne va pas vous faire plaisir, mais clairement, même si boire de l’alcool n’impacte pas la glycémie, sa consommation régulière altère l’intégrité du microbiote et donc à terme, notre métabolisme, comme on vient de le voir. (ce n’est évidemment pas le seul facteur, mais comme c’est souvent sujet à controverse, je prends un malin plaisir à choisir cet exemple).
Food for thought…
Belly Fat Effect: The Real Secret About How Your Diet, Intestinal Health, and Gut Bacteria Help You Burn Fat
Et surtout, si le sujet vous plait, je vous recommande encore une fois celui-là. Pour être honnête, je le trouve très fouilli, sans plan, sans progression, mais par contre, il regorge d’informations précieuses et d’explications sur un sujet qui pour moi est encore nouveau!
BTW Charli, si tu passes par là, tu peux remettre en commentaire le titre et l’auteur de ton livre? Il intéresse Carole, et moi aussi, et je pense qu’au moins ici je suis sûre de le retrouver!
D’avance merci <3
