SUPER KETO

Le problème des LECTINES en régime cétogène

Ecoutez les amis, à l’heure où fleurissent les recettes cétogènes toutes plus laxistes les unes que les autres, moi, j’ai décidé de prendre le contrepied. Quitte à passer pour un tyran, autant y aller franco.
Du coup aujourd’hui j’ai eu envie de commencer une série d’articles sur les lectines présentes dans certains aliments à réputation cétogène, et vous expliquer pourquoi elles sont problématiques. Et de facto, pourquoi elles impactent aussi fortement votre métabolisme.

QU’EST-CE QUE LES LECTINES ?

Les lectines ont été découvertes par des scientifiques en 1884. Pour faire simple, ce sont des protéines que l’on trouve pour la majeure partie dans les plantes qui leur servent de défense passive contre leur potentiels prédateurs.

Oui, dit comme ça, ça peut paraître bizarre.
Mais c’est sur cette notion qu’est construit le fameux livre de Steven Gundry: Le Paradoxe des Plantes. (Je vous en parle tout le temps mais vraiment c’est un livre à avoir lu absolument!).

Croyez-le ou non, les végétaux ne restent pas là à attendre qu’on les consomme. Ils ont, comme les animaux, une stratégie de défense contre leurs prédateurs visant à leur survie.

Le but des lectines est de tuer, d’empoisonner ou de faire ressentir un malêtre physique à celui qui voudra les consommer. En admettant que l’animal survive à la première « attaque » de la plante, il apprendra, avec le temps, à ne plus consommer le produit qui le rend malade. L’animal finira par décider que peut-être, cela ne vaut pas le coup pour sa survie. La plante, et sa descendance, pourront alors prospérer. Stratégie d’évolution. Je vous l’ai résumée très vite, si vous voulez la comprendre en profondeur, il faut aller lire le livre (ça va je suis pas trop insistante?)

D’ailleurs, le concept vous paraît peut-être nouveau, mais en réalité vous connaissez tous déjà tous UNE lectine: le GLUTEN. Et il y en a en réalité beaucoup d’autres, même si elles sont moins connues.

Les lectines sont présentes dans les graines, dans les céréales, les légumineuses, les pois, les haricots, et même dans les peaux, les pelures ou les pépins des légumes ou des fruits. Egalement, lorsque les animaux sont nourris avec des produits qu’ils ne sont pas conçus pour manger (comme par exemple lorsqu’on nourrit les vaches avec du GRAIN), les lectines finissent dans leur tissus et dans leur lait. Et par la suite, nous les consommons également.

QUEL EST LE PROBLEME AVEC LES LECTINES ?

Pour mieux comprendre l’action des lectines, retenez qu’on les appelle aussi « protéines collantes« . Parce qu’elle s’attachent et se collent à d’autres molécules, créant des problèmes.

Pour faire simple, à l’intérieur de notre système digestif, les lectines se lient aux glucides (plus particulièrement aux polysaccharides). Un peu comme des petites bombes à tête chercheuse, les lectines visent et s’attachent aux molécules de sucre. Et notamment, elles s’attachent aussi à l’acide sialique, une molécule de sucre que l’on trouve… dans les intestins, dans le cerveau, sur les terminaisons nerveuses, dans les articulations, et d’autres encore.

Ce faisant, elles brouillent la communication entre les cellules, créent de l’inflammation et/ou des réactions toxiques. Je vous ai résumé brièvement 3 façons que les lectines utilisent pour « empoisonner » leur prédateur.

ATTAQUE #1 – TRAVERSER LA PAROI INTESTINALE

La première stratégie des lectines est de passer à travers les jonctions serrées de l’intestin.

L’intestin est un tamis ultra ultra ultra fin (épaisseur: une cellule). Il est capable d’absorber des vitamines, des minéraux, des graisses, des glucides, et des protéines simples, mais pas les grosses protéines. Et les lectines sont la majorité du temps de GROSSES protéines.  Mais elles réussissent à passer quand même, grâce à la zonuline.
Leur action: elles stimulent la production de zonuline (en se liant à des récepteurs de la cellule), et la zonuline agit ensuite comme une clé qui ouvre les jonctions serrées de la muqueuse intestinale.

 

Du coup, les lectines passent et ont accès aux tissus environnants, lymphe, glandes, nodules, sang, etc. alors qu’elles n’ont rien à faire là ! Cela génère une forte réponse du système immunitaire qui va chercher à les attaquer, et donc, si le phénomène est chronique, une forte inflammation.

ATTAQUE #2 – LE MIMETISME MOLECULAIRE

Cette technique existe partout dans la nature. Les animaux et les insectes savent se déguiser pour échapper à leurs prédateurs. Exemple typique: le phasme, qui ressemble à un petit bout de bois pour ne pas être détecté par ses prédateurs. Mais il y en a des tas d’autres

De la même manière, les plantes fabriquent des lectines qui sont impossibles à distinguer d’autres protéines de notre corps: on appelle ça, le mimétisme moléculaire. En faisant ça, les lectines créent une confusion dans notre système immunitaire, qui se met à attaquer ses propres protéines.

Lorsque le phénomène se répète trop souvent, cela donne lieu, entre autres, à un dysfonctionnement du système immunitaire et à terme, aux maladies auto-immunes.

ATTAQUE #3 – BROUILLER LA COMMUNICATION

Certaines lectines agissent aussi en imitant ou en bloquant des hormones.
Pour rappel, une hormone, c’est une protéine qui va se loger dans un récepteur cellulaire pour donner une information à la cellule sur ce qu’elle a à faire.
Par exemple, l’insuline est une hormone qui passe le message de faire entrer le sucre à l’intérieur de la cellule. Une fois que c’est fait, la cellule informe l’hormone que le message est bien passé, et l’hormone quitte la cellule, laissant le récepteur libre pour une autre information, une autre hormone.

Le problème c’est que certaines lectines s’installent bien tranquillement – et beaucoup trop longtemps – sur ces récepteurs, faisant passer de mauvaises informations, ou empêchant le passage des vraies informations.
Par exemple, la WGA (Wheat Germ Agglutinin) est une protéine que l’on trouve dans la farine de blé, et qui ressemble énormément à l’insuline. Elle s’installe dans le récepteur d’insuline, et puis elle y reste. Ce qui du coup a des effets dévastateurs, comme le stockage de gras, la réduction de la masse musculaire, la famine du cerveau et des cellules nerveuses, etc. voilavoila.

LECTINES EN RÉGIME CÉTOGÈNE

Vous allez me dire, quel rapport avec le régime cétogène ? A priori en diète cétogène, on ne consomme pas de farines, de céréales, donc on devrait éviter les lectines. Ce serait vrai si on ne trouvait les lectines que dans les céréales… or, ce n’est pas le cas. Comme je vous l’ai dit plus haut, on en trouve dans beaucoup d’autres produits d’origine végétale, ET QUE L’ON TROUVE MALHEUREUSEMENT TROP SOUVENT DANS LES RECETTES CÉTOGÈNES.

Ces aliments sont certes riches en gras, faibles en glucides, et modérément protéinés, ils n’en restent pas moins toxiques pour l’intestin. Si donc, vous cherchez à suivre une diète cétogène hypotoxique, il faudra malheureusement les éviter.

OU SONT LES LECTINES ?

J’ai l’intention de vous faire des points plus précis sur les aliments a priori cétogènes et qui contiennent des lectines. Voici déjà un premier récapitulatif.
NDRL: je n’ai pas noté dans cette liste les aliments qui en contiennent mais qui ne font pas partie d’une diète cétogène, comme les céréales, les farines, les fruits.

QUI DOIT LES ÉVITER ?

Je ne suis vraiment pas en train de dire qu’il faut éliminer TOUS ces aliments, A TOUT JAMAIS, TOUT LE TEMPS. Je ne suis pas en train de dire que manger une courgette dans une recette ou une cuillère de beurre de cacahuète va déglinguer votre intestin.

Cette information sur les lectines, je vous la donne pour que vous puissiez aviser en fonction de votre cas. Pour que vous puissiez faire vos choix en votre âme et conscience, parce qu’un cétogène averti en vaut deux. Avoir l’INFORMATION vous permet d’être indépendant et intelligent dans vos choix: et tout est question de bon sens.

Maintenant, faisons un peu le bilan, dans quel cas faut-il, à mon avis, faire attention à ne pas surconsommer de lectines

ALLER PLUS LOIN

Je vais vous dire, ce qui me met VRAIMENT en colère, c’est que même dans les livres qui s’auto-proclament « cétogène hypotoxique » (et histoire d’être réglo, on ne les citera pas), on retrouve beaucoup d’aliments riches en lectines, riches en acide phytique, riches en générateurs d’inflammation, alors même que ces recettes s’adressent aux personnes ayant des maladies auto-immunes, des cancers, ou d’autres maladies graves qui nécessitent de protéger l’intestin.

 

Encore une fois, si vous n’avez aucun problème d’intestin (lucky you), vous avez beaucoup plus de marge de manoeuvre pour consommer ces aliments. Mais si vous avez un tant soit peu de porosité intestinale, ces informations sont à prendre en compte, et vous ne pouvez pas vous contenter de calculer vos macros avec une appli.

Certes, les macros, les comptes de glucides, la glycémie, etc. sont importants, mais la qualité des aliments, leur action sur votre intestin, leur action sur votre métabolisme, sont important à prendre en compte. SURTOUT si vous envisagez cette diète comme un mode de vie, et non comme une crash-diet de 2 semaines!

Enfin, pour tous ceux qui souffrent de porosité intestinale et ne savent pas comment procéder, mon protocole de réparation des intestins est ENFIN EN LIGNE!! Je suis vraiment content qu’il soit enfin disponible! Retrouvez-le ici:

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