Comment mon chien s’est keto-adapté !

Les amis aujourd’hui, je suis très excitée, et très honorée, parce que j’ai un invité spécial.

Il s’appelle Johan Lambon. Entre autres choses, il est éducateur canin et comportementaliste, il est passionné par son métier, et il officie en Bretagne, à Rennes et  dans toute l’Ille-et-Vilaine. En plus des animaux, il aime le Time’s Up et le beurre salé: autant vous dire qu’il est parfait. Du coup, c’est lui qui vous propose l’article d’aujourd’hui.

Sans plus attendre, let’s meet: Johan Lambon!


 

« Punaise ! J’en ai marre de voir des chiens qui tombent de plus en plus malades, obèses, en pré-diabète. Si tu connais les ravages des glucides sur notre organisme, imagine celui d’un carnivore nourrit aux céréales.
Est ce qu’il faudrait pas une bonne prise de conscience des gens pour qu’ils cessent d’empoisonner leurs chiens ? Tu pourrais quand même envisager un super-keto- dog ! »

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J’ENTENDS LEURS MAUX QUI RESTENT SANS MOT

De mon activité j’ai été amené à rencontrer, beaucoup de chiens, je les trouve souvent gros, poussifs, malades, parfois même apathiques, alors qu’ils ne sont pas si vieux que ça. C’est en discutant avec une amie, vétérinaire, qu’elle me confie que ces derniers ne vont pas bien. Ils développent tôt (surtout les racés) du pré-diabète, des dégénérescences avancées, maladies parodontales, cancers….

Si je regardais plus attentivement ce que je donne à manger à mon chien ?
Pourtant les vétos et professionnels du chien s’accordent tous à dire que « les croquettes sont la meilleur alternative alimentaire du chien» jusqu’à leur conférer un statut intouchable.

 

LORSQUE LA CONFIANCE EST BRISÉE

Si l’on estime, le rapprochement de l’humain et du chien, à environ 46 000 ans, à quel moment l’alternative de la croquette s’est elle imposée comme référence ultime, incontestable, et universelle ?
C’est en 1860 que M. James Spratt de Cincinati a introduit la première nourriture pour chien sous forme de croquettes. Les principaux ingrédients étaient le blé, le sang de bœuf, les betteraves et autres légumes.

Mais une croquette, c’est quoi dans le fond aujourd’hui ?

Eh bien tout dépendra évidemment de la composition de cette dernière. Et malheureusement le prix, la marque, ne seront pas un gage de qualité pour se repérer dans la jungle alimentaire du chien.
Les industriels n’ont pas l’obligation de mentionner la proportion (exprimée en %) des ingréd… aliments, pour la simple raison qu’ils écrivent leurs propres cahiers des charges… Ça donne envie la transparence, hein ?

On sait désormais, au moins pour l’ être humain, que le sucre conditionne un terrain inflammatoire, favorable au maladies auto-immunes, aux cancers, au diabète de type II, maladies cardiovasculaires… Mais accélère aussi le vieillissement des cellules par un phénomène de glycation des tissusLe sucre se retrouve incriminé dans certaines maladies neurodégénératives, alzheimer…

Est ce raisonnable de penser, que des êtres canidés (carnivores), peuvent supporter un repas à haute teneur en glucides ? Alors que nous même (omnivores), les tolérons de moins en moins à en croire les dernières études (menées de manières indépendantes,
hors financements des industriels).
Qu’en est-il d’une nourriture insidieuse, puisque quotidienne, et (massivement) composée de sucres : farines, dextrose de blé, de maïs, de riz, d’avoine. Mais aussi de sous produits d’animaux (bec, os, cartilage…) en prime ! On est plus à ça près. L’argent justifie tout.
Je ne ferai pas un procès d’intention aux industriels du pet-food.

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LES BASES: INDUIRE UNE DIÈTE PALEO-CETOGENE CHEZ LE CHIEN

Le chien est un prédateur, un carnivore. Les carnivores ont un système digestif court et simple, leur permettant de digérer les protéines et les graisses animales. Favorisant une digestion rapide.
Ce dernier possède des molaires tranchantes, idéales pour déchiqueter d’importants morceaux de viande. Leurs mâchoires ne bougent pas latéralement comme chez les omnivores et les herbivores, puisqu’ils n’ont pas besoin de broyer des végétaux. Il ne sont d’ailleurs pas capable de briser la cellulose.
Leurs machoires sont néanmoins capables de s’ouvrir en « grand angle » leur permettant d’ingurgiter d’importantes quantités de viande et d’abats, selon la taille de la proie, mais également des besoins du chien (race, sexe, âge, activité…) : Bref c’est le gavage !

Suite à cette séquence de consommation, il n’est pas rare d’observer des individus non domestiqués par l’humain (exemple du lycaon d’Afrique, un chien sauvage), jeûner un certain temps, jusqu’à la prochaine opportunité de prise alimentaire.

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PLAN D’ACTION

APPORT SUFFISANT EN PROTÉINES (25%)

Un apport suffisant en protéines où le chien pourra satisfaire ses besoins en acides aminés, provenant  de la viande, de petits poissons, type sardines, maquereaux, et des œufs. (Attention au blanc d’oeuf qui devra être cuit, la vitamine K que ce dernier comporte agit comme un anti-nutriment pour le chien).

Mon avis concernant la viande : A l’instar du BARF (mode d’alimentation du chien basé sur le cru), je pense que le cru permet de conserver d’avantage de nutriments sans altérer la viande. Conscient que l’estomac des chiens y est initialement mieux adapté.

Néanmoins, impressionnante capacité d’adaptation du chien à son environnement n’a pas joué en sa faveur en restant aux côtés de l’humain. Le nourrissant selon son bon vouloir/pouvoir. Il s’est peut être mieux adapté dans le temps, à une alimentation cuite, au moins en partie. Mon chien, tolère mal une alimentation 100 % cru.

UN APPORT IMPORTANT EN ACIDES GRAS (75%)

  • En privilégiant les acides gras saturés d’origine animale (ceux diabolisés dans les années 70 de préférence)  : le beurre, le saindoux, le jaune d’oeuf, les abats, viande grasse…
  • Dans une moindre mesure les mono-insaturés : graisse de canard, huile olive
  • En proportion plus faible les poly-insaturés (omega3/6): huile de foie de morue,
    jaune d’oeuf*. (Note : Les poly-insaturés ne sont pas présents de manière importante dans les tissus adipeux des herbivores potentiellement consommés dans la nature. Attention à ne pas surdoser. Veillez à conserver un équilibre de 1:1, entre omega 3 et omega 6).

HUILES VEGETALES : NO WAY ! Ni même de la margarine, sous peine que votre labrador vous abandonne sur une air d’autoroute! Alors attention à tout ce qui est végétal, ce qui est bon pour nous, peut être mortel pour eux ! L’huile d’olive fait exception. Mais ne tentez rien d’exotique. Merci – Au revoir.

LÉGUMES

Une petite part de légume peut, et devrait être ajoutée, même s’il est convenu que c’est un carnivore. La présence de fibre est bénéfique, et permet de faciliter le transit. Attention aux légumes riches en souffre : oignons, crucifères. Les avocats sont également toxiques.

Donc TRÈS bien se renseigner au préalable, tous ne sont pas recommandés. Je conseille de s’en tenir aux haricots verts, bien cuits avant de faire n’importe quoi.

 

MAIS AUSSI…

ATTENTION AU SEL : Contrairement à une diète cétogène adaptée à l’humain, où le sel a sa place, le chien ne transpire pas, et n’éliminera pas le sel.

LES OS : Les os restent importants pour les chiens, ils sont un moyen de conserver une bonne dentition. Attention aux os cuits, qui peuvent se briser et perforer la paroi intestinale ! Surtout ceux de petits gibiers, tel que le lapin, volaille… Préférez les os de grosses bêtes, et non cuits. Votre boucher saura 😉

LE JEUNE : Et oui, le tout premier moyen dans la nature pour entrer en cétose, c’est le jeûne. C’est laisser le corps au repos, sans l’alimenter. Et si vous pensez que c’est inhumain de ne pas nourrir son chien 36 heures par semaine, renseignez vous ! L’ignorance n’a plus sa place.

La mise en œuvre d’une diète cétogène devrait se faire le plus progressivement possible. Pour éviter de surcharger son pancréas, sa vésicule biliaire, ou tout autre processus digestif. Et lui laisser le temps de s’adapter à une alimentation pour laquelle, il est physiologiquement programmé.

Un petit jeûne pour commencer ?

 


 

Si comme moi, vous trouvez cet article aussi panache que pertinent, vous pouvez retrouver Johan sur son site: Pacte des Chiens  ou sa page facebook ! (Et également bientôt dans l’ALLIANCE REBELLE, qui fera reculer laxisme et domination du sucre dans l’univers!)

Et merci encore!

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4 Commentaires sur “Comment mon chien s’est keto-adapté !

  1. Très intéressant. Il semble en effet qu’à l’heure actuelle nos « amis » à 4 pattes soient de plus en plus sujets aux maladies de civilisation de l’homme moderne : obésité, diabète, durée de vie écourtée, arthrose précoce… C’est vrai que nourrir un chien avec de la viande ça coûte cher, c’est pourquoi perso j’ai préféré renoncer à avoir un chien ou même un chat, plutôt qu’en avoir un pour mon petit plaisir quitte à le nourrir avec des cochonneries et à mépriser sa santé et son bien être… Merci pour ce bel article, je partage d’autant plus que j’ai des amis qui ont des animaux de compagnie !!!

  2. Bonjour,
    Je suis vétérinaire et m’intéresse de près au régime cétogène chez le chien, qui je pense est très prometteur dans le traitement de nombreuses affections comme le diabète ou le cancer, même si rien n’est actuellement prouvé. Les seules preuves scientifiques dont nous disposons actuellement font état des propriétés anti-épileptiques de ce régime, tout particulièrement chez l’enfant.
    Je souhaiterais simplement réagir sur un point : les huiles végétales n’ont rien de toxique pour l’animal, au contraire. L’apport exclusif de graisses d’origine animale crée un déséquilibre dans la balance omega-6/omega-3 et favorise l’installation d’un statut pro-inflammatoire. En effet les omega-6 sont principalement à l’origine de molécules pro-inflammatoires comme les prostaglandines ou les leucotriènes. Les omega-3 inhibent cette synthèse de molécules proinflammatoires et participent à la synthèse de petites molécules aux propriétés anti-inflammatoires appelées « résolvines ». Un rapport omega-6/omega-3 trop élevé est néfaste pour l’organisme. Chez le chien sain un ratio 5:1 est conseillé.
    Toute source d’omega-6 est également source d’omega-3, et inversement. Il est important d’ajouter dans l’alimentation du chien des éléments riches en omega-3 mais relativement pauvres en omega-6 : huile de colza, saumon, huile de saumon, huile de krill, graines de lin, huile de graines de lin. J’en profite pour signaler que l’avocat (ratio w6/w3 = 15:1) en plus d’être une très mauvaise source d’omega-3 est toxique chez le chien et le chat (il existe une dose toxique, comme pour tout, mais elle n’a pas encore été établie).

    • Bonjour, qui pourrait me donner une recette ou une liste d’ingrédients d’un regime cétogène pour ma chienne épileptique ? Un veterinaire nutritionniste ?
      Cordialement
      Nathalie

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